Death Grips à Courtrai : de l’énergie pure

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Death Grips à Courtrai : de l’énergie pure

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by   |  on mai 15th, 2013 

Death Grips à Courtrai : de l’énergie pure

La venue de Death Grips – groupe de Hip-Hop Noise sévèrement burné de Sacramento – en Belgique nous a déplacées à Courtrai. Compte-rendu de cette soirée furieuse.

Crédit photo : Nadia Hamri
 

La salle de concert De Kreun est plutôt bien pensée : joli chill-out extérieur, staff agréable, infrastructure efficace et capacité idéale pour profiter des groupes de manière intimiste – elle fait la moitié du Magasin4, où s’était produit Death Grips en novembre dernier – laissant par la même occasion le public unanimement scotché par la performance.

Let’s drum !

Le concert démarre à l’heure : 20h30. NAH, en première partie, prend place devant sa batterie infernale pour l’ouverture des hostilités. Il s’agit de la toute première date de sa toute première tournée européenne. Un vrai baptême du feu ce soir pour ce Ricain barbu.

La batterie est la reine du show: seulement accompagnée d’un laptop débitant du beat electro, elle nous percute avec ampleur des synapses à l’épiderme. Le public prend peu à peu le ton. En régie, le lighteux se lache totalement du début à la fin, soulignant en lumières et fumigènes les effets de breaks nerveux et rapides de l’instrument unique sur scène, et plus tard celui du show tant espéré.

L’ambiance est cordiale, la salle se remplit peu à peu mais tous attendent férocement la suite. Le set terminé, nous faisons une halte houblon/nicotine sur le chill-out extérieur, moquette et cubes containers colorés en prime.

Soudain, les premiers sons super loud retentissent de l’intérieur, produisant le même effet psychologique qu’une sonnette d’école disciplinée : ruée collective vers la salle afin de ne pas perdre une miette de cet exutoire auditif qui nous attend.

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Let’s Grip !

Oui, il aurait été préférable d’offrir à nos trompes d’Eustache les boules Quies généreusement offertes à l’entrée mais on préfèrera -en bonnes masochistes- en prendre plein les feuilles, sorry Mum !

MC Ride arrive enfin. Stephan Burnett –qui porte bien son nom- ne chante pas, il scande. Son corps saillant et tatoué est une arme de guerre qui se convulse en rythmes rapides et saccadés.

À notre grande surprise, il n’est pas accompagné de Morin au synthé ni, pire, de son pote batteur Zach Hill… Fort dommage! Mais que fait Mr NAH? Il ne veut pas se tenter une petite impro’ dépannage, là ?! Seul un autre comparse occupe la scène en second plan, derrière son laptop, faisant office de boite à rythme.

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Let’s dance Death !

Guillotine, hit de sa mixtape Exmilitary, est délibérément disponible en téléchargement libre par son auteur. C’est un morceau d’une efficacité virale, qu’il nous offre sans attendre.

Le prophète du grime noise punk multiplie les poses et offre inlassablement la vision de son corps sculpté à l’adrénaline, gouttes de sueurs en prime pour le premier rang…Miam!

Son énergie incommensurable ensorcelle, de telle sorte que nous ressentons incontestablement le besoin de gueuler avec lui toute cette patate qui peu à peu émane aussi du fond de nos tripes, de bondir sur nos voisins poings en l’air. Ce dont on ne se prive pas.

Du coup, ça commence à se mouvoir sévère dans l’arène : sa gestuelle acérée est vraiment contagieuse, ce qui donne lieu à quelques échanges plutôt surréalistes avec nos pairs journalistes flamands aux abords de la scène:

– Ha désolée pour ma bière sur l’objectif king size de ton Canon Eos mec !

– Je vous en prie, mais prenez gare au câble de micro qui est à la limite de bientôt vous étrangler.

-Bien vu mec, merci !

Aah, adorable courtoisie locale…

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Let’s breathe !

Le morceau Get Gotde l’album Money Store, moins agressif nous permet presque de souffler. Le sorcier se permet même quelques petits déhanchés primesautiers.

D’autres tracks suivent qui nous donnent la fièvre. C’est efficace. Mais tellement efficace que parfois, on aspirerait secrètement à quelques espaces sonores de répit, histoire d’éviter de terminer en état de transe démente un lundi soir , au milieu de nulle part des Flandres. On se demande si le mec ne serait pas une machine au final : un Hubot ! C’est peut être ça, l’enroule ….

Let there be cock !

Suivent quelques nouveaux tracks de son dernier opus No Love Deep Web, qui, pour l’anecdote membrée, a d’ailleurs généré un micro scandale dans le milieu de l’industrie du disque, puis de la censure US: il est sorti en réaction à la grosse prise de bec entre Death Grips et leur ex-label Epic Records en 2012.

En effet, le groupe s’est opposé à sa maison de disque qui, elle, refusait la sortie annoncée par le groupe d’un album après Money Store sur cette même année 2012, préférant remettre ça pour 2013, lois du business musical obligent. Le résultat ? La mise en ligne pirate de tout l’album en octobre 2012 par les nouveaux affranchis !

D’où le titre et surtout  le visuel si explicite choisi pour cette dernière production, attestant une fois pour toutes le total parti pris sans concessions de Death Grips. Celui-ci a immédiatement quelque peu ému les gais lurons de la censure américaine, qui a immédiatement  agrémenté celle ci d’un gros(sier) rectangle noir.

Cela a par la même généré un joyeux concours informel de parodie de l’album sur la webosphère…What a dickhead story!

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Let’s end!

Le set se clôt de la même manière qu’il a débuté et vécu : brutalement. Cette entité suintante qui nous a autant retourné l’épiderme s’évapore dans la brume des strobos épileptiques. C’est sans appel et sans rappel.

Une impression de déjà-vécu nous traverse : celle d’un concert qui comme au Magasin4 a paru ne durer qu’un quart d’heure, les minutes englouties par l’intensité du show.

On ressort de la salle à 22h, comme l’on quitte un rituel tribal : vidées mais extatiques, méritant amplement une dernière bière au bar devant un DJ set hip hop 90’s, qui nous semble en comparaison… aussi soft qu’une barquette de cream-cheese!

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