Vendredi, le Boulevard du Break, c’est à Dunkerque !

 

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Vendredi, le Boulevard du Break, c’est à Dunkerque !

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by   |  on octobre 3rd, 2013  |  0 commentaires

thumbLe pitch? Une vidéo retrouvée par hasard. Nous sommes en 1913 et les rues de Dunkerque sont filmées à bord d’un tram du centre. Dans le champ de la pellicule en nitrate, les minots d’avant-guerre, pleins d’énergie, traversent l’écran tout au long de ce travelling avant l’heure. En 2013, un projet multicollectif et pluridisciplinaire issu de cette archive est né. Il sera diffusé ce vendredi à Dunkerque et Feever en sera. Plus d’explication avec Charles, du collectif Ta Zoa

Crédit Photos: Seb, Digital Vandal

Par Seb / Digital Vandal

Salut Charles, t’es qui? C’est quoi Ta Zoa ?

Je suis comédien et metteur en scène, j’ai fondé Ta Zoa en 2007, avec l’idée de créer des formes pluridisciplinaires. On a commis plusieurs spectacles qui marient toujours le jeu d’acteur, la chorégraphie et la vidéo. L’idée c’est d’avoir une écriture collective, dans laquelle tous les éléments sont complémentaires, en osmose. Cette synthèse est notre exigence artistique. Depuis 2008 nous développons le « Labo Alchimie », qui croise les différentes disciplines du Hip-Hop dans un même creuset : la musique, le rap, la danse et le street art. Nous avons mené ce labo à Lille, Roubaix, Dunkerque, à la rencontre des jeunes acteurs locaux. L’idée c’est de réussir à créer une forme cohérente, à chaque fois inédite, en un temps souvent très court, et donc d’avoir avec ces jeunes des exigences de types professionnelles…
Le groupe Ta Zoa c’est un noyau de 4 personnes : j’initie et je conceptualise les projets, et je suis accompagné de Johanna Classe pour la chorégraphie, Bénédicte Alloing pour la vidéo, et Gordo à la technique.
Après c’est une équipe à géométrie variable pour chaque projet.

Le 4 octobre à Dunkerque, il se passe quoi ?

C’est la première de notre film Boulevard du Break au Studio 43. Sinon il y a aussi d’autres trucs, mais je peux pas y aller, j’ai une première.

Dis nous en davantage sur ce projet « Boulevard du Break »: Je suis tombée sur le film originalUn Tramway à travers la Ville filmé en 1913 (dispo sur Youtube!) Comment l’avez vous trouvé, vous? Hasard? Suggestion ?

C’est mon oncle, qui est dunkerquois, qui me l’a montré. ça m’a bouleversé à la première vision, de voir Dunkerque avant les deux guerres mondiales, et surtout l’énergie et la joie qui s’en dégage, un an avant que la guerre éclate : le monde, la foule, le mouvement… C’est très touchant. Et à Dunkerque tout le monde l’a vu, ça a fait un gros buzz quand il a été mis en ligne. C’est un document incroyable !

Comment a germé l’idée de la mise en parallèlle de 2 travellings distants de 100 ans ?

En gros depuis 5 ou 6 ans qu’on va faire des captations avec les danseurs dans la rue, dans le but de les utiliser ensuite dans les spectacles du Labo Alchimie, avec la contrainte d’adapter la danse à l’architecture, au paysage, au mobilier urbain, nous avions depuis longtemps le désir de faire le film d’une déambulation chorégraphiée.
C’était une idée que moi j’ai depuis tout jeune, à cause de la course de Denis Lavant sur Bowie dans « Mauvais Sang » de Carax… un fantasme de jeunesse, quoi. Et à force d’accumuler des images avec les danseurs de Hip-Hop, ça devenait frustrant de pas les utiliser, alors que ces danseurs ont un talent de fou !
Bénédicte avait la même envie, on se l’est dit, on s’est dit qu’on le ferait un jour…
Bref quand j’ai su que Dunkerque serait Capitale Régionale de la Culture, les éléments se sont naturellement connectés.

Bd Du Break

Les moyens mis en oeuvre pour le tournage ont l’air d’avoir été conséquents, non? Combien de temps a nécessité le tournage ? Des anecdotes (funs ou reloues) de celui-ci en mémoire ?

Faire un film sur le mode participatif, c’est pas une mince affaire. Mais les moyens ne sont pas si conséquents… On l’a fait en parlant beaucoup, en motivant les gens, en les sollicitant. On a bossé dessus pendant un an. Moi, à l’écriture, le montage de dossiers, pendant un an et demi. Mais ça a pris forme avec la ville et pour les danseurs à partir de janvier-février 2013, donc 6 mois de préparation.
Le premier moyen réèl qu’on a mis c’est qu’on a pris un salarié (en contrat aidé) pour assurer la médiation, parce que je ne pouvais pas assurer seul l’encadrement et les contacts avec autant de monde. C’est Nils. Il a assuré grave.
Par contre pour les moyens techniques, le budget n’étant pas très élevé, on a rogné un peu partout, et d’abord sur nos salaires, pour assurer le tournage.
Donc quasiment tout le monde est bénévole, y compris les techniciens, les assistantes à la réalisation. Les Digital Vandal et Just1Kiff se sont investis à 1000 pour cent, personnes a compté son temps, et pas mal de matériel a été prêté.
Donc il est possible de faire un film pour pas cher, mais si on avait été une agence de com’ qui aurait eu pour commande de réaliser ce type d’objet (c’est quand même une belle image de la ville qu’on a produit là !), on aurait peut-être eu un zéro en plus au budget, et on se serait payés, et on aurait payé tout le monde. C’est l’avantage du mot participatif, sa traduction c’est : bénévole.
Tout s’est très bien passé. La journée de tournage a été parfaite, pas un problème technique, pas de retard, tout le monde souriait, j’ai jamais vu un tournage aussi joyeux ! tout le monde était très content d’être là.
Donc c’est possible, si on bosse comme des dingues, avec la foi, et la bienveillance. C’est possible avec la motivation, quoi. Mais le projet a mobilisé près de 200 personnes, alors on y arrive ensemble !

Ca a l’air d’avoir été un gros travail d’équipe et de coordination, notamment avec les breakeurs, les vidéastes… etc. J’imagine que chaque collectif a apporté sa patte et des suggestions de montage. La question du featuring, c’était une évidence dans l’idée du projet, dès le départ, ou ça c’est goupillé comme ça? Vous étiez déjà en connexion avant ? Envie de projets futurs en collaboration, ou bien était ce à l’occasion unique de ce projet en particulier ?

On a fait une première résidence pour écrire le script, avec Williane Verscheure, John Martinage, Aurélien Collewet et Ludo Tronché. Sous l’égide de Johanna, on a décrypté le film de 1913 et on a traduit son contenu en langage Hip-Hop.
Avec des clins d’oeil, des délires, des dédicaces. On a écrit un storyboard que Béné a traduit en plan très concret, et ensuite ça été la transmission au plus grand nombre. Williane Verscheure de Just1Kiff a assuré les ateliers avec des jeunes de 8 à 20 ans. C’est pas toujours gratifiant pour tout le monde, parce qu’il y a des danseurs de très haut niveau qui doivent accepter de passer énormément de temps en répétitions, pour des chorés qui sont simples pour eux. En fait on a fait la connaissance de John et Olivier à Avignon, on y était la même année, nous avec Clara 69 et eux pour un spectacle de Farid Berki. Le feeling est bien passé. En plus, les Digital Vandal avait déjà un contact depuis longtemps avec eux, pour des performances filmées et pour les vidéos du spectacle de Wax Taylor… Quand on a pensé à des danseurs de Dunkerque, ils étaient en tête de liste : ces personnes sont incontournables dans le Hip-Hop, c’est des têtes de pont, ils écrivent, encadrent, transmettent, créent. Donc on est dans le même move, et on a profité de leur réseau, ça a donné une assise solide au projet. Pour le montage, c’est le taf de Bénédicte. Elle est la seule compétente en la matière donc elle le fait de son côté, elle nous le soumet et on a rien à redire parce qu’elle est très très forte, alors…Mais aussi parce qu’on a tout écrit ensemble. Pour la suite, je sais pas ce que cette relation deviendra. Ce qui est sûr c’est qu’ils ont mouillé le maillot et qu’on s’est trouvé, d’ailleurs encore plus avec le deuxième volet du projet, Digue du Break.. parce qu’il y a un spectacle qui vient derrière, les 12 et 14 octobre. On a filmé des solos dans des lieux de leur choix, en travaillant sur la matière, les éléments. Ils nous ont tout donné, j’ai rarement eu l’occasion de voir des breakers se livrer personnellement à ce point-là.

 

Bd du Break

Du coup, on est à la croisée de pas mal de disciplines (Théâtre, Vidéo, Dance, performance, politique avec l’occupation de l’espace public… ) On dirait que l’un des messages fort est le « décloisonnage« , histoire de générer d’avantage d’impact et d’efficacité sur le projet final, ou c’est moi qui digresse un peu trop ?!

Ta Zoa, ça veut dire « ce qui est vivant », en grec. On a pas envie de se cantonner à une forme, un genre… On a fait des lectures, des comédies musicales, des spectacles tragiques, du burlesque, des performances, du jeune public… Là on fait un film. Le point commun de toutes ces formes c’est un travail sur l’esthétique. On peaufine l’image, le geste, la scénographie, les costumes, ou le cadre… Au fond, on a une approche très cinématographique depuis le début, donc c’est logique d’arriver au court métrage. Maintenant on tripe sur des trucs plus ambitieux. Un artiste ne peut pas être dans un fonctionnement linéaire. S’il fait toujours la même recette d’abord il s’ennuie, après il végète et à la fin il meurt. Il vibre au contact de tout ce qui l’entoure, et se crée ses propres associations d’idées. Parfois des formes sublimes sont purement accidentelles. La volonté de donner une tribune aux cultures populaires, ici le hip-hop, c’est un de nos postulats. Il y a en effet dans notre démarche un côté militant (la participation) qu’on peut relier à l’éducation populaire, et aussi une volonté de sensibilisation, de conscientisation. La plupart de nos spectacles ont une charge politique forte, mais on tient pas un discours univoque. On veut créer des brèches. Alchimie au départ c’était un spectacle qui expliquait la démarche du graffiti, le vandalisme, la révolte adolescente… Pour donner les codes au plus grand nombre, ouvrir le regard sur le geste et la dynamique du tag. là c’est moi qui digresse. Le Hip-Hop, c’est le décloisonnement, il y a tellement de disciplines, de matières, de styles… On fait plein d’autres trucs, mais c’est l’esprit de la démarche qui est notre moteur. C’est une attitude. En ça, on est Hip-Hop. On a passé un jury pour nos recherches de subvention sur ce projet. On a présenté notre truc pendant un quart d’heure, après il y a eu un tour de table et la dernière question ça a été : « Au fait pourquoi vous avez choisi de faire du Hip-Hop ? ». Ben on a pas à s’expliquer, on a grandit dedans, donc c’est notre élément naturel !

Et la mairie de Dunkerque dans tout ça ?

L’appel à candidature a été lancé par la Communauté Urbaine et la Région, donc au départ la Ville n’est pas notre partenaire naturel. Mais la direction de la culture de Dunkerque nous a pas mal épaulé, en premier lieu par la concertation en préparation du tournage, on a quand même bloqué le centre pendant quasiment une journée. Après c’est de la mise à disposition : barrières, etc… Ensuite on avait le désir dans ce dispositif de faire une masterclass. Olivier Lefrançois, qui est un pédagogue très reconnu dans le Hip-Hop, va donc divulguer son savoir durant trois jours pour 30 €. Ce prix très bas est permis par une subvention accordée par la ville de Dunkerque.

Juste un truc pour donner l’envie aux bruxellois les plus glandeurs de se bouger jusqu’à Dunkerque le 4 octobre ?

Euh… Y’a la mer, et la bière est aussi bonne. C’est bof comme argument. Bon : on a fait une boulette, y’aura des surprises, le film de 1913, un showcase, et un film de Jean-Pierre Thorn On est pas des marques de vélo, dans lequel il y a des danseurs de Dunkerque, mais il y a 10 ans. Et en plus y’aura une bonne ambiance parce que tout le monde a kiffé le tournage et aura envie de se retrouver.

Et sinon, tu as la place pour un message a faire passer, lâche toi !

Régularisez tous les sans-papiers ! Arrêt des expulsions !

Merci à toi Charles, à vendredi.

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For Feever « La Culture sans Vaseline »

03 Oct 2013. 

Article : Me 

 

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